Azawad 24

 

Azawad24 est une société privée et indépendante dont le but est de donner une information rapide des évènements qui secouent l'Azawad.

 

Contrairement à d'autres organisations médiatiques de l'Azawad, Azawad24 donne l'information directe, sans langue de bois et sans ambiguïté.

 

La langue de bois, nous ne connaissons pas!

 

logo-fp

 

Traduction dans votre langue

French Arabic Chinese (Simplified) Dutch English German Hebrew Italian Japanese Korean Portuguese Russian Spanish

Interview d’Ismaiel Ag Babahmed contre la débandade du bureau politique du MNLA (Tamazgha.fr)

 

 

Tamazgha.fr : Le 4 novembre 2013, la direction du MNLA s’est associée aux directions du MAA et du HCUA pour annoncer leur fusion en prévision des éventuelles négociations qui auront lieu avec le régime de Bamakao. Quel accueil ont réservé à cette annonce les populations de l’Azawad, notamment les femmes et les jeunes qui ont fait preuve d’une forte mobilisation notamment à Kidal ces derniers mois ? 
Ismaiel ag Babahmed : Non, il n’y a pas eu encore de fusion ! Un groupe de politiciens au sein du MNLA s’est caché derrière de prétendues pressions de la communauté internationale pour justifier une fusion du MNLA avec le HCUA. Il n’est un secret pour personne que le Mali et toutes les parties hostiles à l’Azawad cherchent à phagocyter le MNLA par le HCUA afin que ce dernier puisse ramener le monde vers le Mali. En Mai 2012, certaines personnes qui agissaient dans l’ombre avaient tenté de faire phagocyter le MNLA par Ansar-Dine. Mais à cette époque, la population avait compris le jeu trouble et s’était farouchement opposée à une alliance avec le mouvement islamiste. En Novembre 2013, la population, notamment les femmes et les jeunes, a encore une fois compris le magouillage et s’est encore farouchement opposée au projet de fusion avec le HCUA et el MAA. Les populations ne veulent être représentés que par le MNLA qui est à même de porter leur voix à travers le monde, même si à notre grand étonnement, la direction du MNLA en ce moment agit au mépris de la volonté populaire et s’éloigne des aspirations des femmes et des hommes de l’Azawad. Les populations ne sont pas dupes et savent que ni les leaders d’Ansar-Dine, ni ceux du HCUA n’ont le souci des intérêts de l’Azawad. ET cette fusion entre le MNLA et le HCUA n’a pour but que de donner le « pouvoir » aux dirigeants du HCUA qui mèneront la fusion de manière autocratique et non démocratique, et la population sera privée des moyens d’expression. Et pour sauver leurs faces, les leaders du MNLA et du HCUA ont déclaré que le projet de fusion sera soumis à l’approbation de leurs bases respectives pour adoption dans les quarante-cinq jours. Or, il est évident que ni les combattants du MNLA, ni les femmes, ni les jeunes azawadiens n’accepteront la disparition du MNLA et surtout et encore moins le changement des couleurs de l’Azawad. En d’autres termes, la fusion n’aura pas lieu. 

Est-ce que les populations de l’Azawad sont-elles prêtes à retourner sous le giron de l’Etat malien ? 

Non, les populations de l’Azawad ne sont pas prêtes à retourner sous le giron de l’Etat malien. Pour les Azawadiennes et Azawadiens ce dernier est synonyme de tous leurs malheurs et le retour de son armée sur le territoire de l’Azawad sera le retour de massacres à ciel ouvert sous le silence de la Communauté internationale. Que ce soit à Kidal, à Tinzawatene, Tin-Fadimata, In-Khalil, ou encore dans les camps refugiés, la population a toujours rejeté farouchement le Mali et son armée. La population a la conviction que ce qui n’a pas fonctionné en plus d’un demi-siècle ne fonctionnera pas du jour au lendemain. Et les appréhensions de la population se confirment de jour en jour. Dès que les forces militaires maliennes s’installent quelque part, dans le sillage de Serval, elles se livrent à l’arbitraire voir la barbarie. Massacres de personnes innocentes et vulnérables, exécutions sommaires, torture et j’en passe. Ce qui s’est passé à Ghezrarene, pas loin de Ménaka, en est l’une des illustrations. La nouveauté cette fois-ci c’est que le Mali commet ses exactions souvent sous les yeux des troupes de l’opération Serval et de la MINUSMA. Ainsi, en 2013, le Mali commet ses sales besognes avec la bénédiction de la communauté internationale. Comment voulez-vous que les populations souhaiteraient le retour sous le giron du Mali, et comment pouvoir croire à une quelconque cohabitation avec un régime raciste et criminel ? Ce qui se passe actuellement dans l’Azawad, en présence de la Communauté internationale, ne fait que conforter les Azawadiens dans leur conviction que leur salut passe inéluctablement par l’indépendance de l’Azawad. Seul l’Etat de l’Azawad est à même de les protéger. 
Aujourd’hui, même si la direction politique du MNLA, en prétextant de prétendues pressions, finit par "déposer les armes", les populations de l’Azawad, à l’intérieur ou à l’extérieur, n’accepteront jamais le retour du Mali et elles poursuivront leur quête de liberté par toutes les voies possibles. 

Il semblerait que les réfugiés, notamment en Mauritanie et au Burkina-Faso, ne sont toujours pas revenus dans l’Azawad, Pourquoi ? 
Si les réfugiés, dans leur grande majorité, ne sont pas encore revenus dans l’Azawad c’est parce que les raisons pour lesquelles ils ont été contraints de partir en janvier-février 2012 sont toujours d’actualité. La majorité de ces populations se sont réfugiées car elels rejettent le Mali et elles ont peur de l’armée malienne qui s’est illustrée par les massacres d’Azawadiens et ce depuis 1963. Grace à l’opération Serval, l’Etat malien est revenu dans une partie de l’Azawad. L’armée malienne est aussi revenue dans le sillage de Serval et de la MINUSMA qui couvrent ses crimes. Les populations réfugiées savent qu’elles s’exposeraient à tous les dangers si elles reviennent. Il n’y a eu aucun changement, bien au contraire. Et le fait que le Mali a des partenaires qui couvrent ses abus, complique davantage la situation.

Propos recueillis par,
Masin Ferkal.